L’écriture et le bien-être

June 12, 2019

En tant qu’élève de niveau trois, je dois participer au projet personnel, une tâche de recherche et de création dans un domaine d’intérêt. Depuis que j’ai su le faire, j’ai toujours eu une passion pour l’écriture, alors je voulais explorer davantage cette passion. J’ai donc choisi de concentrer mon projet sur l’écriture d’histoires courtes, guidé par la question: comment on exprime les émotions à travers l’écriture?  Ces histoires sont la culmination de ma recherche et de mon travail et je vous remercie de votre lecture. Voici ma première histoire.

 

Minaki, Ontario juillet 2006

 

Je n'ai jamais eu peur des tempêtes et de la pluie. Pour moi, la pluie n'est qu'une autre forme de l'eau et j'adore l'eau. Depuis que je me souviens-et même avant qu’on passe nos étés dans le nord-ouest de l'Ontario dans une région où il y avait plus de lacs et de rivières que de terre ferme. Ma famille a un chalet sur une de ces petites îles en granit qui s'élèvent en haut de l'eau, mais on est venu dans la région même avant pour profiter du lac. Mon grand-père, on l'appelait Pop, m'avait dit une fois que nous avons fréquenté ce système d'eaux et de bois depuis le début des années 1900 et que moi, j'étais la sixième génération à venir à Minaki ou « les belles eaux». Alors, tout ce qui coule de la terre, à côté ou du ciel m'est si familier que je ne pourrais jamais en avoir peur.

 

Même quand il a plu lorsqu'on était en voyage dans le petit bateau en étain, bleu et gris avec des griffures de roches, lancé partout par les vagues, je n'avais peur que d'un éclair. 

 

On est parti tôt de notre île un matin quand j'avais trois ans. J'avais regardé vers le ciel pâle de l'aube. Je parvenais à observer quelques nuages blancs, balayés par le vent, mais le reste de ce toit était d’un gris clair et doux. A l’avant du bateau, le lac était sombre et interminable avec des vagues mousseuses. À l'horizon, une ligne de grands pins, bouleaux, mélèzes et épinettes avec leur chapeaux verts et leurs corps de boue séchée. Et de part et d’autres, d'innombrables îles en granit, nues ou couvertes de mousses et de forêts. Mais moi, trop petite pour bien voir au-dessus des bords métalliques de ma place assise sur le fond feutré, je ne regardais que le ciel et mon Pop, qui tenait l'accélérateur du hors-bord d'une main. Il regardait vers la proue et sa casquette jaune usée faisait une ombre sur son visage. Parfois il se tournait vers les autres passagers, mes parents et d'autres adultes, pour leur dire un mot. Puis il relevait sa tête et se tournait de nouveau vers l'horizon. On m'avait donné des toasts et je les mangeais lentement en regardant les rebords scintillants. Le vent froid du Nord froissait mes cheveux alors je me penchais plus et m'allongeais sur le feutre pour être plus au chaud. Bercée par les mouvements légers de l'eau, je finis par m’endormir. Quand je me réveillais, on s'est arrêté et je me levais de mon petit nid. Je me mettais sur mes genoux et je regardais le nouveau paysage. Il y avait de l'eau qui bouillait en avant et des roches noires qui remontaient dans la direction opposée de l'eau. Pop est venu à côté de moi et m'a relevée pour que je puisse mieux voir. Il m'expliquait que nous étions à un endroit qui s'appelait Whitedog et que l'eau qui bouillait s'appelait des rapides. Il pointait vers une colline en haut, d'où les eaux coulaient et m'a dit que toute l'eau qui coulait près de notre île venait de là.

 

Mon grand-père signala au groupe après un moment qu'on allait retourner et il a démarré le bateau et j'ai pris une place sur le feutre près de lui. Je regardais les gouttelettes et les mousses s'éloigner et la colline avec les chutes devenaient de plus en plus petit. En haut de la colline je voyais que le ciel s'assombrissait et quand on entra dans le grand lac, les vagues étaient petites mais vives. Je continuais à observer le ciel qui n'avait jamais complètement changé du gris de son aube et ressemblait plus à la nuit maintenant. Je criais à Pop ces observations, mais il ne semblait pas trop inquiet et continuait à regarder droit devant lui:

 

« On sera sur l'île dans  dix minutes, ne t'inquiète pas.»

 

Dès qu'il prononça ces paroles, je commençais à ressentir des gouttelettes fines, comme des aiguilles. Je me couchais plus vers le fond du bateau pour qu'elles ne me piquent plus. Au-dessus de moi, je commençais à sentir les vagues s'agrandir et Pop a ralenti le bateau. Ne voulant pas rater le spectacle, je me suis levée un peu et j’ai regardé en arrière. Le lac était encore plus sombre et la pluie tombait partout et le vent transformait toute l'eau en mousse. Le pouvoir de l'eau et les grands craquements de tonnerre m'avait choquée et pendant  quelques minutes j'eus peur que le ciel et tout l'orage nous mangent, mais en regardant le visage calme de Pop avec sa main sur l'accélérateur, ma peur disparaissait. On se trouvait bientôt de nouveau à notre dock et je courais en haut à une cabane pour me changer de mes vêtements froids et mouillés.

 

Plus tard, je mangeais le déjeuner et j'écoutais les adultes qui racontaient l'histoire de l'orage et de notre sortie. Ma grand-mère, que j'appelais Nana, a grondé Pop comme elle le faisait souvent, mais il n'a dit que quelques mots incompréhensibles et regardait par la grande fenêtre à travers les bouleaux blancs vers le lac. Il avait le même regard ferme et calme qu'il avait avant dans le bateau, comme s'il se rappelait de tout ce qui s'était déroulé à une époque devant lui. Cette journée là et pendant toutes les autres au chalet, dès que Pop faisait une activité avec nous ou disait que tout allait bien, je le croyais. Il me semblait que plus qu'aucun autre adulte, il connaissait tout du  lac et qu’aucun mal ne pourrait jamais lui arriver là.

 

Si vous voulez lire les autres histoires suivez ce lien.

 

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